Puymirol

La ville neuve de Grand Castel fut fondée en 1246, sur les ordres de Raymond VII, Comte de Toulouse. Mais il faut remonter quelques années en arrière pour en saisir tout le fondement politique :

  • Notre seigneur ELEONORE DE GUYENNE, héritière des anciens Ducs souverains de Gascogne avait apporté l’AGENAIS avec toute l’Aquitaine en dot à son mari LOUIS VII le Jeune.
  • Mais ayant divorcé d’avec ce prince, elle épousa un seigneur angevin Henri PLANTAGENET qui devint Roi d’ANGLETERRE, et à partir de ce moment là (1154) nous fûmes ANGLAIS.
  • 45 ans plus tard, son fils RICHARD CŒUR de LION maria sa sœur JEANNE au Comte de TOULOUSE, et lui donna l’Agenais en dot. Nous eûmes alors deux maîtres : le Comte Raymond et son suzerain le Roi d’Angleterre. Richard Cœur de Lion, très populaire dans notre région, fit bâtir le premier pont d’Agen, le château du Roi, près de la Basilique de Peyragude à PENNE.
  • C’est à sa suite, et non avec Philippe Auguste, que nos barons partirent pour la 3ème croisade. Les Anglais introduirent chez nous la mode des CORNIERES autour des Places du Marché.

La vie quotidienne au Moyen-Age.
Les architectes de Raimond VII avaient sacrifié l’hygiène et le confort les plus élémentaires aux organes défensifs.
La bastide présentait l’aspect d’un échiquier coupé par d’étroites ruelles non pavées, que l’hiver transformait en impraticables cloaques. L’eau des puits était rare et douteuse…
Comme dans la plupart des cités du midi, chaque habitant considérait la rue longeant sa demeure comme une propriété personnelle et y déposait tout ce qui l’aurait incommodé chez lui.
Dès le premier jour, la ville fut surpeuplée et les maisons ne suffirent plus à contenir les habitants attirés à Grand Castel par les franchises de la cité comtale.
Devant le nombre grandissant de nouveaux venus, la bastide, qui ne pouvait s’étendre en largeur, sur le glacis hors des portes et des murailles, haussa les habitations d’un nouvel étage, les scinda et les morcela.
Il s’agissait de misérables maisons en torchis ou pisé, qui abritait deux ou trois foyers chargés d’enfants. Chacune d’elles ne disposait que de deux pièces très étroites, dont l’une servait de fenil, de grange ou de bûcher, l’autre de chambre à coucher, de cuisine et d’étable !
De telles conditions de promiscuité et le manque total d’hygiène sont en grande partie responsables des épidémies de peste dévastatrices que connut Puymirol